Chapitre 4 – Duels
I
Le groupe progressait dans les collines boisées depuis quatre jours. Les bruits d’animaux étaient tout aussi variés que les odeurs. Cela mettait Aldric à l’aise, la nature étant son domaine de prédilection. Ses sens étaient aux aguets. Il se concentrait pour percevoir la moindre proie à chasser, ou le moindre prédateur à éviter. Edvard, lui, suivait l’intuition que lui avait donné Lonida? et Argéa pour savoir dans quelle direction se trouvait ce temple. Elusco de son c?té, observait les plantes alentours tout en suivant le groupe au cas où il trouverait des plantes médicinales. Ricina demanda :
- ? Hey Elusco, avec tous tes sorts, tu devrais pouvoir gérer n’importe quelle menace ? Tu n’as pas vraiment besoin de nous. ?
- ? Au contraire. Mes connaissances et ma magie sont en effet un atout, mais trop utiliser mes sorts me fatigue, voire me blesse. Même si j’évite de le montrer, mon sort de brume endommage mon organe respiratoire. Je dois le soigner à chaque utilisation du sort. Si je venais à créer une brume trop large, cela pourrait me tuer et elle se dissiperait aussit?t. Je préfère donc réserver ce sort à une occasion spécifique ; celle où il ne peut pas avoir de dommages collatéraux. ?
- ? C’est vrai que tu nous avais dit de ne pas nous approcher de la brume. Cela veut donc dire qu’elle nous attaquera aussi, ainsi que n’importe quelle créature qui pénètre à l’intérieur. ? dit Edvard.
- ? Exactement ? répondit Elusco.
- ? On n’aura pas besoin de trop puiser dans nos rations ce soir. ? dit Aldric ? Je pourrais allez chasser et pêcher lorsque nous ferons notre campement. Privilégions un endroit pas trop loin d’un cours d’eau, cela nous permettra de nous laver et de pêcher. Elusco, ton… livre, il contient des informations sur les plantes sauvages comestibles ? ?
- ? Oui, je devrais pouvoir cueillir des plantes. Je ne pense pas avoir besoin d’aide pour faire cela par contre. Je sais repousser les bêtes sauvages. ? Il créa une flamme dans sa main un court instant avant de l’éteindre.
- ? Ricina, tu m’aiderais à préparer le camp ? ?
- ? D’accord, monsieur le chevalier. ?
Edvard ricana :
- ? J’ai été fait chevalier. Je suis un fils de paysan au départ. Je le suis devenu de par mes exploits militaires et ma vertu. ?
Ricina le regarda les yeux écarquillés.
- ? Ah oui quand même… pas mal le barbu. ?
Quelques heures passèrent. Ricina et Edvard avaient établi le camp près d’un ruisseau et s’étaient lavés chacun de leur c?té. Ils avaient rassemblé du bois pour faire du feu. Aldric, lui, revint avec un chevreuil sur l’épaule : voilà leur viande du soir. Ricina, elle, n’avait pu pêcher que quelques petits poissons. Elusco revint de son c?té avec de l’ail des ours, du raifort, du topinambour et des poires. Ils cuisinèrent ensemble puis mangèrent leur repas. Enfin, Elusco dressa une barrière autour du camp, pour éloigner les prédateurs et autres menaces. Ils firent des tours de gardes. Elusco fut le premier, puis Aldric se leva pour prendre la relève. Au bout d'un moment, il entendit un bruit ; des bruits de pas. Quatre personnes. Ils les encerclaient.
- ? Debout maintenant ! On a de la compagnie ! ?
Les trois dormeurs se réveillèrent en sursaut. Ricina avait ses quatre couteaux sur elle et elle prit son fouet. Aldric prit son étoile du matin et Edvard prit sa hache et embrasa son fer avec sa magie. Cependant, une force inconnue les projeta dans quatre directions opposés. Ricina se trouva face à un énorme tas de muscle, encore plus massif qu’Aldric et Adnama. C’était une ogresse au teint gris et aux cheveux noirs, armée d’une grande hache. Edvard se trouva face à un adversaire vêtu d’une cuirasse en fer, d’un casque complet ressemblant à un crane d’Homme et des protections en métal pour les bras et les jambes. Cet adversaire était armé d’une épée sombre qu’il tenait à deux mains. Elusco se retrouva face à une elfe à la chevelure blonde vêtue d’un gambison, d’un coutelas et recouverte d’une cape à capuche qui cachait le reste de son corps. Ces habits étaient couverts d’étranges symboles. Aldric se retrouva face à un nain à la barbe rousse, vêtu d’une simple robe noire.
II
Ricina attaqua en premier avec un coup de fouet. L’ogresse le para avec son bras et utilisa le fouet pour envoyer valser Ricina contre un arbre. Le choc lui coupa la respiration. L’ogresse chargea la gnome. Cependant, une fois arrivée à l’emplacement de l’impact, la gnome avait disparu. Une douleur vive apparut dans les chevilles de l’ogresse : on venait de lui couper les tendons. Elle plia le genou à terre. Sautant d’un arbre, Ricina atterrit sur l’ogresse. Elle lui trancha la gorge d’un mouvement sec. L’ogresse l’attrapa et la jeta contre le sol. Elle piétina son épaule gauche : réduisant en miette son épaule en plus de tout son bras gauche. Commen?ant à suffoquer avec son propre sang, l’ogresse prit sa hache pour achever la gnome. Cependant une violente explosion retentit avec un hurlement féminin qu’elle connaissait, détournant son attention.
Edvard et son adversaire échangeaient avec force et finesse de nombreuses attaques et parades. L’un frappait, l’autre parait. Edvard réussit à coincer son arme avec sa hache et à frapper d’un poing flamboyant la tête de son adversaire. Celui-ci fit un pas en arrière avant de se jeter sur Edvard avec une vitesse qui le surprit. Il tenta de parer l’attaque, mais c’était une feinte du guerrier. Il lui asséna un coup vif et trancha la main droite d’Edvard. Il cautérisa la plaie aussit?t par réflexe et il leva les yeux au dessus de lui, voyant son adversaire qui allait lui porter le coup de grace. Un hurlement féminin retentit en plus d’une violente explosion. Le guerrier reconnut ce cri et cela le fit se ruer dans sa direction.
Aldric employa son arme et frappa le nain. Cependant, il rencontra une bulle violette recouverte de glyphe. Juste après cela, il fut projeté avec force contre un arbre, lachant son arme sur le trajet. Il se releva et prit sa hachette qui se situait à sa ceinture. Il se prépara à attaquer avec, la tenant dans sa main droite. Le nain fit un geste de la main et le coude du bras droit d’Aldric se retourna dans le sens opposé. Le vulpin retint un cri de douleur. Il tenta de charger mais s’écroula aussit?t. Une poigne invisible l’étrangla, mena?ant de lui arracher la gorge. Il tomba à terre. Un hurlement de femme retentit en plus d’une explosion.
- ? Incapable de gérer un mage à ce que je vois, l’elfe. ? grogna le nain. ? Tant pis, je la guérirai quand j’en aurai fini avec lui. ? dit il froidement.
Elusco se tint devant cette congénère. Elle se rua sur lui avec une vitesse qui l’empêcha de lancer un sort d’attaque à distance. Elle l’entailla au visage, tranchant son ?il droit. Elusco se prépara à se soigner mais il ressentit un élément étranger dans son corps : la lame était enduite de poison. Il ne pouvait pas guérir le poison et se soigner à la fois. Le poison d’abord. La bretteuse l’embrocha au torse, transper?ant son poumon et le remplissant de poison. Il était mal, très mal.
- ? La brume ? Non il mourrait avec elle. La foudre alors ? ? pensa t-il.
Il envoya une décharge à son adversaire de sa main droite mais ne fit rien à l’elfe : ses habits y étaient immunisés. C’était une tueuse de mage.
Elusco eu alors une idée. Il glissa son bras gauche dans sa capuche.
- ? Tes éclairs ne marcheront pas, mage. ?
L’avant-bras et la main gauche d’Elusco se mirent à briller d’une lueur orange. Ils s’embrasèrent, montrant des orbes de feu tourbillonnantes à l’intérieur. La tueuse de mage n’e?t pas le temps de réagir que le sort s’activa. Une explosion retentit, carbonisant le c?té droit de son visage et la faisant hurler. Le bras gauche d’Elusco, lui, s’arrêta désormais juste avant son coude car le reste avait été sacrifié par le sort. Des poches gonflèrent sur la peau d’Elusco. Elles explosèrent, expulsant le poison avec du sang.
Il envoya une brise vive sonder la forêt aux alentours, ses tympans ayant été percés avec l’explosion. Il vit qu’une personne se rapprochait de lui. D’après son sort de perception, elle portait une armure. Il joignit son index et son majeur droit et pointa vers la cible. Un éclair assourdissant surgit, produisant une lumière aussi vive que le jour pendant un bref instant. La cible s’écroula en convulsant. Les deux doigts utilisés pour le sort tombèrent en cendre, os inclus. Son moignon s’enflamma, projetant des flammes qui le propulsa vers l’emplacement de l’adversaire d’Aldric. Chose qu’il put savoir grace à son sort de vent.
Il mit sa main droite en avant. Elle se heurta au bouclier du mage, qui cessa son emprise sur Aldric. La main et l’avant bras droit d’Elusco furent taillés en d’innombrables morceaux. Le nain comprit trop tard : l’elfe venait de lancer un puissant sort. La barrière du nain fut détruite et il subit de très nombreuses coupures profondes. Il hurla et lan?a un sort en panique. Il commen?a à briller en même temps que les trois autres assaillants. Aldric chargea et l'agrippa de sa main gauche. Il était prêt à le réduite en charpie. Il n’arriva cependant qu’a arracher le bras gauche tailladé du nain. La lumière du sort devint aveuglante et les quatre assaillant disparurent. ? Qu’est ce qu’ils voulaient ? Aucun des quatre aventuriers ne le savaient. ? Aldric s’écroula et une douleur apparue dans son biceps droit : Elusco venait de le mordre. à peine eut t-il le temps de réagir qu’une seconde apparue ; son bras, sa gorge et son dos venaient d’être soignés. Ne laissant qu'une étrange vapeur opaque derrière.
? Merci Elus… Putain ! Qu-qu’est ce qu’il t-est arrivé !!!’ ? il se jeta sur Elusco avant que celui-ci ne s’effondre.
Edvard se releva, prit sa main et la rattacha à son moignon avec sa magie de guérison. Il entendit les pleurs de Ricina et se rua vers elle. Il mit ses mains sur sa tête et sur son ventre.
- ? Je vais réparer ton corps. Attention, ?a va faire mal. ?
- ? D-d-d-d’accord ? dit-elle entre deux pleurs.
- ? Au grand Cercle, soignez mon ami. Je vous en conjure. ? dit-il en priant.
Une lumière apparut autour de ses mains et Ricina se calma. Sa douleur se dissipa. Elle réussit à se lever avec l’aide d’Edvard.
- ? EDVARD !!! ? hurla Aldric, paniqué.
Celui-ci se retourna en voyant Aldric en pleurs, tenant un Elusco mutilé et inconscient dans ses bras.
III
Le sort de téléportation étant achevé, le nain regarda derrière lui. Ses trois compagnons gisaient au sol, mourants. Il se soigna en premier, en vitesse, utilisant la viande et les os de leurs rations pour régénérer son bras et refermer les coupures, celles-ci étant larges et profondes. Puis il soigna ses compagnons entre deux jurons.
- ? Helmer ! Viriata ! Comment ce mage a pu vous blesser malgré votre protection anti-sort ?! ?a ne devrait pas être possible ! Vous vous rappelez le nombre d’ame qu’on a sacrifié pour obtenir cette protection ?! ?
- ? D-désolé Konon… ? dit l’elfe, haletant.
Le nain soupira.
- ? Pas grave, Viriata. J’aurais vraiment aimer obtenir l’ame du mage et du disciple. C’étaient des perles rares. Avec un peu de chance on les recroisera. Tachons de nous diriger vers la cité zatrienne. Il nous faudra du temps pour l’atteindre, surtout s’il reste des dragons dans les parages. Ces saloperies peuvent sentir les ames de nos protections anti-magie. On va devoir faire un très long détour. ?
Le guerrier en armure retira son casque. C’était un humain, brun aux cheveux coupés courts. Il avait la peau bronzée en plus d’une moustache accompagnée d’un bouc. Il aida l’ogresse à se relever.
- ? ?a va, Adelheid ? ?
- ? Pas vraiment. Je me suis fait battre par une putain de demi-portion. J’espère au moins qu’elle mourra de ses blessures. Mais merci de demander, Helmer. ?
L’ogresse avait la peau grise, les cheveux noirs, longs et défaits. Elle posa sa hache contre un arbre à proximité de ses affaires.
L’elfe, elle, était blonde. Sa peau était claire comme la lune. Son gambison et sa cape foncée étaient br?lés. Le nain s’approcha et les répara.
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Le nain, lui, avait une longue barbe rousse et des cheveux mi-longs roux. Il dit :
- ? On se rapproche du but. Une fois l’anomalie atteint, on pourra enfin tuer les Neufs. Ces dieux prétentieux qui ont refusé d’entendre nos prières ! ?
Ils observèrent leur camp. Il était tout en haut d’une colline boisée. Ils prirent leurs affaires et se remirent en marche. Les trois combattants suivant Konon et sa carte.
IV
Elusco se releva. Il était allongé dans son sac de couchage. Il voulut s’en extirper, mais il n’y arrivait pas. C’est vrai, pensa-t-il : il avait sacrifié ses avants-bras et ses mains pour sauver ses compagnons. Il remarqua aussi qu’il ne voyait plus que d’un ?il. Remarquant qu’il s’était réveillé, Aldric sursauta et s’empressa de le sortir de sa paillasse. Le vulpin était paniqué et ne savait pas quoi dire.
- ? Dit Aldric, tu peux retirer mes bandages sur mes moignons ? Ils gênent ma régénération. ?
- ? A-a-attends, qu’est-ce que tu racontes ? ?
- ? Tu te rappelles quand on s’est rencontré ? J’étais en piteux état. Et quand je suis revenu pour te sortir de ta cellule, je n’avais plus aucune blessure. ?
- ? Oui mais là, ce n’est pas pareil ! On parle de tes avants-bras ! ?
- ? C’est pareil. Tu peux m’aider à retirer les bandages ? ?
Aldric hésita quelques secondes. Enfin, il se résigna à les enlever. Elusco se leva et il tendit ses avants-bras en avant. Les moignons se mirent à saigner, puis la chair semblait entrer en ébullition. Puis la chair, les os et la peau se régénérèrent en un instant. Les avants-bras et les mains d’Elusco étaient entièrement régénérés. Laissant derrière une sorte de vapeur. Aldric n’en revenait pas. Les seules blessures restantes sur son corps étaient sa fine cicatrice sur son ?il droit et l’?il en question. En un instant, la cicatrice disparue et l’?il reprit son apparence d’origine ne laissant qu'un petit nuage blanc derrière. Le nuage se dissipa en quelques secondes. Elusco avait retrouvé toute sa vision. Aldric s’approcha de lui doucement et le pris dans ses bras.
- ? Pourquoi tu as fait ?a ? Ne recommence jamais. Je ne veux pas te perde comme j’ai perdu mon clan. ? dit Aldric en pleurant.
- ? Par ? ?a ?, tu veux dire vous sauver la vie ? Enfin bon… j’ai compris, je recommencerais pas. Si ces énergumènes nous attaques de nouveau, laisse-moi gérer le mage, d’accord ? ? Elusco lui tapota le dos. ? Et désolé pour la morsure, je n’avais plus mes mains pour te guérir. ?
- ? Pas grave. Je te laisserais ce sale nain si on le revoit. Je m’occuperai de celle qui t'a fait du mal. ?
Des bruits de pas s’approchèrent d’eux. Les oreilles d’Aldric bougèrent dans la direction du bruit.
- ? Il est réveillé ? ? cria Ricina ? comment tu vas ? Hey ! Mais attends, tu as retrouvé tes avants-bras et ton ?il ? Comment ? ?
- ? Grace aux techniques de soin d’Adnama. ?
- ? Quelle genre de techniques ? Je n’ai jamais vu ce genre de pouvoir de guérison ? ? dit Edvard, calmement. Cependant, sa voix cachait à la fois du soulagement et de l’inquiétude.
- ? Je mélange juste de la magie de guérison classique avec des connaissances en médecine, en anatomie et avec un petit peu d’hémomancie. ?
- ? De l’hémomancie ? La magie du sang ? Tu t’approches un peu trop de la magie noire, Elusco ! ? répondit Edvard, inquiet et surprit par cette réponse. Enfin, il s’y attendait un petit peu.
- ? Si seulement tu savais toutes les connaissances en ‘’magie noire’’ que voulait m’inculquer la grande héro?ne qu’est Adnama. Elle en conna?t un paquet de ce genre de sorts. C’est elle qui m’a apprit la magie auto-sacrificielle. ?
Edvard soupira, il savait que cette magie de guérison leur serait utile. Il savait aussi que cette magie d’auto sacrifice leur avait sauvé la vie. Ricina posa cependant une question :
- ? Pourquoi n’avoir pas utilisé des sorts… je ne sais pas… normaux, contre eux ? ?
- ? Ils empestaient les ames. Adnama m’avait parlé d’une magie oubliée qu’elle-même n’osait pratiquer : celle d’utiliser les ames d’êtres vivants comme bouclier contre les sorts. Seul des sorts amplifiés par l’auto-sacrifice peuvent contrer les protections anti-magie. Enfin, à ma connaissance. ?
- ? Combien de ces ames as-tu remarqué en eux ? ?
- ? Plusieurs centaines, au total, sur les quatre assaillants. Que se soit celles d’animaux, d’humains, de dragons, d’ogres, de gnomes, de nains, d’elfes, etc. ?
- ? P-p-plusieurs centaines ?! ? bégaya Ricina. ? On a eu affaire à des tueurs de masses ? ?
- ? Oui. On peut s’estimer heureux d’avoir survécu. Ils voulaient s?rement récolter l’ame d’un mage et d’un disciple. D’où leur attaque surprise en pleine nuit. ?
Un moment de silence régna pendant quelques secondes.
- ? Par contre, bizarrement, on n’a pas eu besoin de te… nettoyer quand tu étais inconscient. ?
- ? C’est parce que la première chose que je sacrifie quand j’utilise ma magie d’auto-sacrifice sont mes déchets que mon corps produits. Par contre ?a a un… ? son ventre cria famine ? contrecoup. Cela m’affame… Sinon, j’ai été inconscient combien de temps ? ?
- ? Deux jours. ? dit Aldric, regardant Elusco d’un regard fatigué.
- ? Je vois. ? Elusco sentit une odeur de nourriture et regarda le feu de camp. Ces outils de cuisine étaient en train d’être utilisés pour le déjeuner.
- ? ?-?a devrait être prêt ! ? dit Aldric.
Ils mangèrent un bouillon de cerf et de faisan agrémenté de légumes et d’herbes sauvages. Tous regardaient Elusco d’un air inquiet. Après tout, il avait fini en sale état et était tombé inconscient pendant deux jours. Mais il semblait s’être remit. Il mangeait doucement, mais au moins il mangeait… avec eux.
Edvard s’approcha d’Elusco et lui dit :
- ? Aldric a veillé sur toi pendant toute ta convalescence, ne partant que pour aller chasser. Je pense qu’il tient vraiment à toi. ?
- ? Il le ferait pour n’importe lequel d’entre vous. ?
Ricina s’incrusta dans la conversation.
- ? Non, mais sérieusement. Elusco, je pense qu’il est amoureux de toi. ? dit-elle.
- ? Ricina, fais preuve d’un peu de tact ! Mais… oui, je pense qu’elle a raison. ?
- ? Oh… ? Elusco ne savait pas quoi dire.
Aldric n’avait pas remarqué cette conversation. Il était trop concentré sur l’état d’Elusco. Il s’était remit mais… si ?a recommen?ait, pourrait-il le protéger ? Il le pourrait, quitte à mourir… non. Il voulait vivre avec lui, combattre, partir à l’aventure, chasser et pêcher même ! Si cela lui pla?t. Ses parents étaient toujours embêtés et inquiets du fait qu’il ne s’intéressait intimement à aucun membre du clan. Mais… Elusco serait-il cette personne ? Il ne savait pas quoi en penser.
Une fois le repas terminé, ils rangèrent leurs affaires et demandèrent à Elusco de s’asseoir. Ils devaient lui dire des choses. Edvard commen?a :
- ? Elusco, est-ce que tu penses qu’ils nous attaqueront de nouveau ? ?
- ? Non, on est des proies trop dangereuses pour eux. Leur sorcier a d? remarquer ton armure dans le campement, Edvard, même si tu ne la portais pas. Il a d? aussi remarquer la force incroyable d’Aldric. Maintenant qu’on conna?t leur capacités, je doute qu’ils voudront retenter l’expérience. ?
- ? Bien. Te sens-tu capable de continuer la mission ? ? demanda Edvard.
- ? Oui. ? répondit l’elfe.
- ? D’accord. Pour changer de sujet, on a eu une idée de nom pour notre groupe. On l’a tous accepté dans la possibilité que tu te remettes de tes blessures par miracle. On attendait juste ton avis. Aldric, tu peux lui dire ? ?
Aldric hocha la tête.
- ? La Confrérie de l’Alarco. Tu penses quoi ? ?
- ? J’aime bien, on peut garder ce nom, mes confrères. ? Elusco sourit en disant cela.
Les trois confrères se regardèrent en souriant.
- ? Bien remettons nous en marches ? dit Ricina.
Ils levèrent le camp. Elusco remarqua que ces habits avaient été réparés par la magie Edvard. Après tout, il les avaient un peu ab?mé avec ses sorts. Ils progressèrent ainsi pendant deux semaines dans les collines boisées, en suivant l’instinct magique d’Edvard. Ils se nourrissaient de ce que la nature leur offrait, préparant de nouvelles rations une fois celles-ci épuisées. Sur le chemin, ils discutèrent de leurs motivations pour partir dans ce genre d’aventures périlleuses.
Edvard, lui, voulait combattre au nom des Neufs et au nom des peuples qu'abrite Garescal. Si une mission ou une quête lui permettait de sauver des vies ou de pourfendre un ennemi du Cercle, alors il l’acceptait.
Ricina, elle, appréciait plus la paie et le fait d’entrer dans des lieux abandonnés ou dans des lieux où elle n’avait pas le droit de mettre les pieds. ?a, en plus des objets de valeurs. Elle avoua cependant s’être attachée à eux.
Aldric, lui, aimait énormément le combat et les paies qui les suivent. Cependant, il avoua apprécier cette quête où il devait trouver la source d’un mal pour l’éradiquer. Cela le faisait réfléchir sur sa propre moralité. Mais encore, le fait de partir à l’aventure avec Elusco le ravissait. Il regarda celui-ci qui rougit, gêné.
Pour Elusco, la raison était différente. Il fut sauvé alors qu’il n’était qu’un enfant par Adnama avec l’aide de Dame Iphrine. Il a donc grandi dans la demeure d’une ancienne héro?ne qui avait connu d’innombrables aventures. Au début, il voulait utiliser ses pouvoirs de guérison pour aider ceux dans le besoin. Il utilisait sa magie offensive pour s’occuper des menaces surnaturelles locales. Cependant, l’idée de pouvoir enfin assister Adnama dans une quête héro?que où il pourrait sauver de nombreuses vies lui paraissait être sa raison principale.
Ils se connaissaient désormais bien mieux, échangeant des anecdotes sur leur vie. Ils finirent enfin par arriver à leur objectif. Une porte en bronze recouverte de mousse.
V
Le groupe se tint devant une porte en bronze oxydé. Cette porte se tenait contre une partie rocheuse de la colline boisée. Elle était entouré d’un cadre de pierres grises.
- ? Tu es s?r que c’est là ? ? demanda Ricina.
- ? Entièrement s?r. ? répondit Edvard.
- ? C’est étrange que le métal de la porte ne se soit pas endommagé avec l’humidité ? pensa Ricina ? Il devait y avoir un ajout lors de la création de l’alliage. Typique des nains. ?
Elle observa en arrachant les plantes qui bloquaient la vision d’ensemble de la porte. Aldric l’aida dans cette tache. Un message était écrit sur la porte.
- ? Elusco, tu peux me traduire ? ?
- ? ‘’Caverne de bronze’’, cela donne Khalkospelia en langue locale. ?
- ? D’accord, on est au bon endroit. ? dit Ricina.
Elle remarqua aussi une serrure. Ils n’avaient pas de clé. Il fallait donc la crocheter. Ricina sortit de son sac ses outils de crochetage et elle remarqua quelque chose qui la fit rire.
- ? Ho ho ho ! Elle a mit le paquet en terme d’outils, la géante ! Il y a de tout ! Des outils pour n’importe quelle serrure du continent, même les plus ingénieuses ! Et… attend, c’est quoi ces bidules ? ? elle tint des objets cylindriques ornés de symboles étranges.
- ? C’est pour les serrures qui ont un enchantement magique. ?a sert à retirer le sortilège. ? dit Elusco.
Ricina sourit encore plus.
Elle se mit devant la serrure et commen?a son travail minutieux. Plusieurs petits clics furent entendus lors de son travail. Au bout d’une quinzaine de minute, un grand clac se fit entendre. Ricina sourit, rangea ses outils et poussa la porte en bronze, qui s’ouvrit. Elle leur fit un geste du bras pour faire signe à ses compagnons de passer. Elusco créa des orbes de lumière et ils pénétrèrent dans le souterrain. L’intérieur sentait le renfermé, les mur étaient en terre et des cadres de roches tenaient en place le tunnel, des marches en pierres descendaient plus en profondeur. Elusco envoya toutes les cinq minutes une légère brise devant eux. De fa?on à détecter le moindre ennui. Il se tenait derrière Edvard et devant Ricina. Aldric menait la marche et devait se baisser pour pouvoir tenir dans le tunnel. Ils finirent par arriver dans une grande caverne, ou plut?t un gouffre. Devant eux se tenait un temple taillé dans la roche. Tout ce qui les séparait de ce temple était le gouffre immense.
- ? Comment on va traverser ? ? demanda Aldric
- ? J’ai une idée. ? dit Edvard ? Elusco, tu peux m’aider ? ?
- ? à quoi exactement ? ? questionna l’elfe.
- ? On va créer un pont. ? il pointa du doigt les racines qui descendaient le long du gouffre.
Elusco se prépara mentalement. Edvard, lui, récitait une prière envers Lonida?. Quand ils furent prêts, ils bougèrent lentement leurs bras et firent se déplacer les racines. Elles convergèrent en un pont de végétaux. Elusco rajouta même des petites rambardes avec d’autres racines plus petites.
- ? Combien de temps ?a va durer ? ? demanda Aldric.
- ? Indéfiniment que je sache ? répondit Elusco.
Ils traversèrent tous le pont. Les jambes d’Elusco tremblait, l’idée de marcher au dessus du vide ne l’enchantait guère. Une fois le pont traversé, ils observèrent plus en détail le temple. Des colonnes de pierres gardaient l’entrée. Le toit de la fa?ade était triangulaire. Des statues de nains en armures se dressaient devant eux. Une large porte rectangulaire - ou plut?t son cadre - se tenait devant eux. Ils pénétrèrent dans le temple de pierres. L’unique couloir était étrangement large, sombre et humide. Des champignons avaient poussé. Au bout de dix minutes de marche, ils finirent par arriver vers une grande salle. Ils notèrent de larges crevasses dans la pièce circulaire. Rien de rassurant. Il y avait un escalier qui menait à un piédestal. Sur celui-ci se tenait une bo?te triangulaire. Ricina l’observa pour être certaine qu’elle n’était pas piégée. Elle leur fit signe d’un pouce levé : aucun piège. Edvard s’approcha de la bo?te. Quelque chose en émanait, quelque chose de divin. Il ouvrit cette dernière et observa un cristal grisatre. Une teinte de violet était présente à l’intérieur de la gemme.
- ? Quelle divinité est-ce cela ? ? demanda Edvard ? Ce n’est pas Iphrine, mais ?a aborde ses couleurs. Gris et violet. ?
- ? S?rement Horakio. ? dit Elusco
- ? Le premier dieu ? Cette pierre doit être très ancienne. ? répondit Edvard
Le templier prit le cristal et le rangea dans son sac à dos. En quittant la pièce, Ricina vit une pièce en or. Voulant la ramasser, elle se cogna la tête contre une pierre du mur qui dépassait et elle hurla un juron. Juron qui résonna dans toute la pièce. Des tremblements suivirent. Quelque chose approchait par les crevasses. Aldric prit Ricina sous son bras et l’embarqua dans leur fuite. La gnome versa une petite larme pour cette pièce d’or qu’elle ne put récupérer. Ils coururent aussi vite que leurs jambes leur permettaient. Elusco utilisa sa magie pour créer un vent arrière, de fa?on à augmenter un peu leur vitesse. Il se retourna juste pour apercevoir ce qui les coursait : un scolopendre géant. Il faisait plus de deux mètres de haut et de large. Ils sortirent du temple. Elusco et Edvard se coordonnèrent à toute vitesse pour faire s’écrouler les colonnes de la fa?ade. Chose qui se produisit. Le temple était scellé. Ils entendirent des bruits épouvantables sortir de derrière les colonnes. Ce qui était derrière n’était pas content d’avoir laissé s’échapper ses proies. Ils sortirent en vitesse du tunnel et refermèrent la porte en bronze.
Ils soufflèrent un coup et s’assirent pour laisser reposer leurs jambes. Edvard sortit le cristal. Il l’observa et il sentit son regard aspiré en son sein. L’ogre perdit connaissance.

