Chapitre 6 – Astrikiel
I
Le groupe marcha pendant deux semaines en direction du nord. Ils purent apercevoir la fameuse Forêt de Grès : des grands arbres se situant au milieu de ruines en pierres blanches. Il ne restait pas grand-chose de ces ruines. Seulement quelques morceaux de routes ou de murs. La progression dans la forêt était difficile. Elusco aper?ut un morceau de statue, se demandant ce qu’elle devait signifier à l’époque où elle se tenait encore debout. Ricina cherchait sur le chemin n’importe quelle pièce en métal qui aurait été abandonnée là. Edvard se remémorait les mythes de Dame Iphrine qui terrassait les dragons et rasaient leurs cités avec ses pouvoirs. Aldric se concentrait pour faire prendre au groupe un chemin qui leur éviterait les prédateurs. En effet, il avait remarqué des traces d’araignées géantes et avait fait prendre un détour à ses confrères pour éviter un combat inutile. Aldric monta sur une butte dans la forêt et observa enfin la cité. Elle était immense. Une partie à gauche semblait inondée et un gigantesque lac se trouvait à proximité. La végétation semblait moins présente dans la cité, ce qui était étrange vu la forêt qu’ils venaient de traverser. Un temple se trouvait au bout d’un boulevard. Temple qui était englobé dans une sphère de ténèbres. Cela devait être la fameuse anomalie. Edvard et Elusco en étaient certains.
- ? La partie inondée ressemble à une sorte de marais. Des créatures doivent s’y trouver. Passons par les rues sèches. ?a nous évitera de nous fatiguer avec des dangers inutiles. ? dit Aldric.
- ? évitons aussi le boulevard, je ressens quelque chose d’infect s’y trouvant. ? rajouta Edvard.
- ? S?rement un golem zatrien. Mieux vaut éviter à tout prix cette horreur. ? répondit Elusco.
Ils entrèrent dans la cité. Les rues étroites étaient remplies de cadavres de reptiles humano?des et de machines étranges. ? Ils devaient être là depuis deux ou trois mois ? pensa Aldric en les observant. Ils marchèrent pendant trois heures, se rapprochant du temple à chaque pas. Ils finirent cependant par entendre du bruit. Edvard et Elusco s’arrêtèrent net. Ils sentaient la puanteur des protections anti-magie. Leurs assaillants étaient proches. à en juger par les bruits que percevait Aldric, ils ne semblaient pas les avoir remarqué. Le groupe adverse sembla se séparer, le mage s’éloignant du reste. Elusco le remarqua et indiqua à ses alliés qu’il allait se charger du mage, seul. Ses compagnons hésitèrent mais le laissèrent partir en voyant la détermination dans son regard : il avait un plan.
II
Le nain s’approcha d’une machine draconique détruite. Il espérait pouvoir en obtenir une ame, s’il y en avait encore une à l’intérieur. Cette machine ressemblait à un pantin de métal grotesque. Non, aucune ame. Il soupira et remarqua une brume opaque foncer sur lui. Il comprit presque trop tard. Cette brume gelait sa peau. Il retint son souffle. Il remarqua une ame, celle d’un mage. Il se téléporta derrière elle et vit un elfe roux. Les mains du nain s’embrasèrent et il envoya une déflagration devant lui. Il ne restait rien de l’elfe. Cependant, l’ame persistait et n’avait pas bougé. étrange, mais il n’avait jamais vu d’ame de mage.
- ? Tes sorts ne t’ont pas sauvé cette fois-ci, petite merde. ? dit le nain.
Il s’approcha de l’ame. Il ne put cependant pas interagir avec. Comme si c’était… une illusion ? Et une orbe d’eau ? Il entendit un murmure provenir de l’orbe : ? Dubromarvos ?. Il n’eut pas le temps de réagir que la bulle éclata en une explosion aqueuse. D’une puissance telle que les batiments proches dans la rue furent détruis. Il ne restait qu’une bouillie de ce qu’était le sorcier il y a quelques instants. Elusco s’approcha et ferma ses yeux. Le golem zatrien n’avait pas réagit, il pensait s?rement que c’était un éboulement. Il soupira de soulagement et retourna vers ses compagnons. Le sorcier n’était plus, il n’en restait que trois.
III
Ricina s’approcha doucement de l’elfe à manteau. Elle savait que les elfes avait une très bonne audition. Cependant elle réussit à s’approcher de la tueuse de mage sans se faire remarquer. Ricina frappa au moment où Aldric et Edvard surgirent pour prendre les trois combattants en tenaille. Elle planta son pic de guerre dans l’arrière du genou de l’elfe, la faisant hurler. Elle planta son deuxième pic dans son rein, la faisant s’écrouler, tremblante. Edvard se tint en face du guerrier en armure. Il invoqua un marteau de guerre. Le combat entre les deux combattants en armure était violent : les coups s’encha?nèrent sur leurs armures. L’un frappa avec des coups à demi-épée, en tenant son épée par la lame grace à ses gantelets pour mettre des coups de précision. L’autre frappa avec brutalité, son marteau brisant un à un les os de son adversaire, malgré son armure. Edvard re?ut une blessure à l’épaule mais il réussit à frapper la tête de son adversaire avec le marteau. Ce dernier s’écroula, assommé. Edvard s’accroupit, sortit sa dague et la planta dans plusieurs interstices de l’armure de son adversaire. Un de moins. Ricina planta son pic dans la tête de l’elfe. Une autre de moins. Pendant se temps. Aldric avait chargé l’ogresse. Il la fit traverser la porte en bois d’une maison avec lui. Elle le repoussa et frappa avec sa hache, fendant le bouclier d’Aldric. Celui-ci répliqua en frappant sa hache, la brisant. L’ogresse hurla et fit des signes de mains à Aldric : un défi, un combat à mains nues, d’un tas de muscles à un autre. Aldric rigola et lacha sa morgenstern, son bouclier endommagé et enleva son armure : il accepta. Dire que ce combat était violent serait un euphémisme. C’était un véritablement décha?nement de brutalité à son état le plus pur. Quand Elusco rejoignit ses alliés, il vit les deux rester immobiles, terrifiés par les bruits du combat se déroulant à l’intérieur de la maison. Elusco roula des yeux et entra pour voir ce qui s’y passa. Aldric avait plaqué au sol l’ogresse et lui avait arraché la gorge avec ses crocs. Il reconnut cependant les bruits de pas d’Elusco, ce qui calma sa furie. Il se redressa et regarda Elusco. Il était couvert de sang. Avant même qu’il ne puisse dire la moindre phrase, le mage l’aspergea d’un jet d’eau. Nettoyant le sang qui recouvrait le corps d’Aldric. Il posa sa main sur le ventre du vulpin. Celui-ci re?ut une décharge et sentit tout ses os brisés où disloqués se réparer. Il agrippa son équipement et le remit. Aldric avait honte de s’être montré de la sorte devant Elusco. L’elfe prit la parole.
- ? Eh bien, j’espère que tu n’es pas comme ?a dans le lit. ? dit-il en lui mettant une tape dans le dos.
Cette phrase, dite par Elusco, grilla la cervelle du pauvre vulpin. Il reprit ses esprits quand Ricina lacha un juron en voyant l’état de l’ogresse. Elle était parfaitement morte. Il partit chercher leurs affaires et progressèrent vers l’anomalie. Aldric ne savait pas quoi dire à Elusco alors qu’ils marchaient. Celui-ci soupira et prit la parole.
- ? Je raconte pas ce genre de chose à n’importe qui. Je t’aime bien Aldric. Enfin, j’y ai réfléchi et je suis certain que je t’aime tout court. ?
Aldric, qui menait la marche, s’arrêta brusquement, comme paralysé par cette révélation.
- ? Le pauvre, tu vas finir par le tuer ! ? dit Edvard en rigolant.
Ricina le rejoignit en rigolant.
- ? Ils avaient remarqué, ils avaient tous remarqué ! ? pensa Aldric en cachant son visage.
Sa fourrure cachait à quel point la visage d’Aldric était rouge. Sa queue elle, remuait à toute vitesse.
- ? Je t’aime aussi. ? murmura t’il.
L’elfe l’avait entendu.
Une demi heure passa avant d’atteindre le temple.
- ? Les choses sérieuses vont commencer. ? dit Elusco.
Ils gravirent les marches du temple avant de pénétrer dans la sphère de ténèbres. Les magies lumineuses d’Edvard et Elusco combinées éclairaient à peine. Une fois arrivés tout en haut des marches, ils marchèrent dans l’enceinte du temple. Ce dernier était très large. De nombreux cadavres de dragons s’y trouvaient. En son centre se tenait une sphère noire comme une nuit sans étoiles. La lumière tournait en de nombreux anneaux autour de l’anomalie, ce qui éclairait la pièce. Au moment où ils s’approchèrent de l’anomalie. Une cinquième figure avait rejoint le groupe. Elle était immense, dépassant largement les trois mètres de haut.
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- ? Cette anomalie doit atteindre son apogée et tuer cette région. Comme le dit MA prophétie. ? dit une voix grave et féminine. ? Alors pourquoi pas méditer un peu sur votre vie en attendant hmm ? ?. Un claquement de doigt se fit entendre. Les quatre confrères s’évanouirent, inconscients.
IV – ? Méditation ? de Ricina
Ricina se réveilla dans sa chambre. Celle qu’elle occupait dans la maison familiale, située dans un village caché dans les collines. La maison était en partie intégrée à l’intérieur de la colline. La sol était en bois, les murs en torchis et le mobilier simple. Elle sortit de son lit et vit qu’elle n’avait pas son équipement. Elle chercha ses compagnons en sortant de la maison. Tout ceux qu’elle vit était les habitants du village et sa famille, qui l’encerclait. Une grande figure se tenait dernière elle. Elle n’osait pas se retourner, elle ne pouvait pas se retourner. Les gnomes qui l’observaient n’avaient pas de visage. La figure parla :
- ? Tu connaissais leurs attentes vis-à-vis de toi, Ricina Belenmat. De les aider dans les champs comme le reste de la famille. D’aider le village. D’être autre chose qu’une chapardeuse et qu’une EMMERDEUSE. Mais non. Il a fallu que tu partes cachée dans la caravane d’un marchand, rêvant d’aventure et de richesses. Mais, une fois arrivée à Brigantion, ?a ne s’est pas passé comme prévu, non ? ?
Ricina peinait à parler. Cependant, son insolence prit le dessus sur la pression.
- ? La... Ferme... ? dit-elle froidement.
- ? Pas de ?a avec moi, microbe. ? répondit l’entité.
Une vive douleur envahit le corps de Ricina. Elle s’écroula au sol. Quand elle se releva, elle vit les rues de Brigantion. Des rues familières et une taverne qui l’était tout autant. Le ? Sanglier Saoul ?.
- ? Comment s’appelait-elle, déjà ? Ta ‘’mentor’’ ? Ah oui ! ?a me revient, Nammota Drutanos. Quelle brave femme. Dommage qu’elle est due se sacrifier pour que tu puisses vivre après un cambriolage qui a dégénéré. Est-ce que tu veux que je te dise ce qu’ils lui ont fait subir pour avoir été attrapée. Mais qu’est-ce que je raconte, bien s?r que je vais TOUT te dire. Ils l’ont battue, violée, torturée, de nouveau violée puis démembrée et jetée aux cochons. On SAIT toutes les deux que ?a aurait d? être TON sort. Si cette insolente Adnama ne t’avait pas récupérée ivre morte dans une ruelle à c?té d’une auberge, tu aurais S?REMENT finit comme Nammota. Tu ne fais qu’apporter la misère à ton entourage Ricina. Combien de fois Adnama a d? te sortir d’emmerdes dans lesquelles tu t’étais fourrée, hmm ? Combien de temps avant que le malheur frappe ta petite confrérie par ta faute ? ?
Ricina était à genoux. Elle n’avait plus la force de répondre. Le monde autour d’elle se déformait pour montrer des images de Nammota se faisant torturer et violer, hurlant dans le vide. Ricina hurlait en pleurant pour que ?a cesse. Elle avait du mal à respirer, son c?ur lui faisait mal, atrocement mal.
- ? STOP ! STOP ! ? elle cria en vain.
La figure se mit à rire en voyant Ricina. Cela la divertissait de voir cette gnome souffrir. Comme les guerres faisant souffrir les civils. Comme cette anomalie tuant la région.
V – ? méditation ? d’Edvard
Edvard se réveilla dans le dortoir du Haut Temple des Célestes, dans le royaume Nuvita. Sa terre natale. Le temple était couvert de dorures et de tapisseries. Glorieux, à l’image de leurs dieux. Il chercha son équipement mais il ne le trouva pas. Il tenta d’invoquer ses armes, en vain. Il chercha ensuite ses compagnons. Une fois arrivée dans le hall du Haut Temple, une personne parla :
- ? Un fils de paysan envoyé au temple car il était un bon à rien pour le village. ? dit une figure se situant juste derrière lui.
Edvard reconnaissait l’autorité naturelle des dieux, mais cette aura là était différente. Elle était une infinité de fois supérieure à celle des Neufs.
- ? Je sais qui tu es, Créatrice. Horakio m’a averti de ton implication dans cette affaire. ?
- ? Je… n’en… es… rien… à… foutre… de… ce… que… tu… dis… COMPRIS ? ? répondit la Créatrice.
Edvard se t?t.
- ? Bien, continuons. ? elle claqua des doigts.
Ils se trouvaient maintenant dans un village en flammes. Edvard le reconnaissait. Il savait ce qui allait se passer. Il se vit dans le village. Une version de lui plus jeune. Armé seulement d’une lance et d’un couteau. Ils virent tous les trois les frères d’armes et les confrères acolytes du jeune Edvard massacrer le village et violer les femmes et les enfants.
- ? Je l’avoue, j’ai fait une erreur d’inattention. Une erreur que Shygéün a exploité. Te permettant de faire… ?a. ?
Le jeune Edvard chargea et tua à lui tout seul la cinquantaine de soldats et de prêtres présents dans le village. Au prix de nombreuses blessures létales.
- ? Tu aurais d? mourir ce jour là. Mais cette chiasse et ingrate d’Iphrine en a décidé autrement. ?
Le jeune Edvard fut secouru par des membres de l’armée de Gruvengard, qui étaient ses ennemis pendant la guerre.
- ? Bien, j’en ai assez vu, SOUFFRE. ?
Edvard s’écroula en hurlant de douleur ce qui amusa l’entité. Comment ce microbe pensait pouvoir gérer SON anomalie.
VI – ? méditation ? d’Elusco
Elusco se réveilla dans une cage en bois au milieu d’un village. Il la reconnaissait. C’était celle où il devait attendre avant d’être sacrifié. Une figure apparut derrière lui.
- ? Petit elfe, tu connais s?rement ton… Hey ! Qu’est-ce que tu… ?
Une vive lumière envahit le village et Elusco se réveilla. Ricina était roulée en boule en pleurant à sa gauche et Edvard convulsait à sa droite. Aldric se tenait debout face à une gigantesque créature. Quelqu’un était à la gauche d’Aldric.
VII
La figure, cette entité, cette Créatrice ressemblait à un humano?de au corps métallique et à la tête ressemblant à celle d’un elfe.
- ? Qu’est-ce que… Comment oses-tu intervenir ! Shygéün ! ? dit la Créatrice
- ? Assez S?UR ! Cette anomalie va se fermer, que tu le veuilles ou non. ? répondit l’erdoss à la droite d’Aldric.
Il lui ressemblait énormément. Comme une version plus agé de lui. Il portait une armure composée d’écailles bleues.
- ? Comment ?a, ASSEZ ? JE fais comme bon me semble PETIT FRèRE ! JE suis celle qui a bati ce monde, JE suis celle qui dicte les lois pour ces soi-disant dieux. JE PEUX me permettre tout ce que JE DéSIRE. Si JE veux que cette anomalie détruise cette région, elle le fera ! Si JE veux que ton petit avatar et son amant périsse alors ?a se produira ! ?
- ? Tu peux faire tout ce que TU désires ? Sérieusement, ta dernière punition donnée par Espoir, Rêve et par épée ne t’a pas suffit. Qu’est-ce qui se produirait si je leur parlais de cette connerie que tu as faite ? Shygéün pointa du doigt l’anomalie.
- ? Tch ! ? répondit la Créatrice. ? Bien… Bien ! Tu as gagné ! ? Elle claqua des doigts et l’anomalie disparue. ? Mais… Mais ! ?a m’amusait ! ?a doit compter un peu ! ?
- ? Au C?ur ! Maintenant ! Je vais convoquer tout le clan sur le champ par rapport à tes récentes actions ! ?
La Créatrice hurla de colère, ce qui fit trembler les murs du temple. Elle claqua des doigts et disparut.
- ? Qu’est-ce que tout… ?a… veut dire… ? ? dit Aldric, confus, comme ses confrères.
- ? Je t’expliquerai tout, plus tard. Je te le promets Aldric Nibelstimme. Prends soin de nos amis et d’Elusco pour moi d’accord. ?
Sur ces mots l’erdoss en armure disparu.
- ? D’accord… ? dit Aldric.
Elusco aida Edvard et Ricina et ils quittèrent le temple. Elusco dressa un cercle autour d’eux avec de la terre. Des fleurs y poussèrent instantanément. L’anomalie ayant disparue, leur mission était accomplie. Elusco les téléporta alors chez Adnama. Ils avaient tous beaucoup de questions et ils espéraient qu’Adnama en détenait la clé. De par l’état d’Edvard et Ricina pendant la confrontation entre les deux entités, seuls Elusco et Aldric avaient entendu la conversation. Ils n’osaient pas en parler. Mais viendrait le moment où il le faudrait. ? Avatar… nos amis… ? ces mots résonnaient dans leurs têtes. Le sort finit par être prêt et ils disparurent. Ils espérèrent au passage que Pelagantis et les moines allaient se remettre du mal causé par l’anomalie.
Aventure n°1 – L’Anomalie – FIN

